Revue Hommes et migrations

Laïcité, discrimination, jeunes, intégration...

Ressources en libre accès

A l'heure où la cohésion sociale doit être renforcée autour des valeurs de la démocratie, la revue regroupe ici une sélection d'articles qu'elle a publiés. Ces articles seront utiles aux professionnels désireux d'effectuer une analyse rétrospective sur des thèmes d'actualité.

Ce travail nous donne l'occasion et le plaisir de vous annoncer la présence, effective depuis quelques mois, de la revue sur le portail scientifique Revues.org

Sur cet espace vous trouverez en texte intégral et libre d'accès les articles et chroniques des dossiers parus entre 2009 et 2011. Les dernières parutions respectent quant à elles une barrière mobile que nous avons fixée à N-3 (comme de nombreuses revues de sciences sociales). Les articles sont conjointement annoncés sur le site de la revue et Revues.org, avec un accès conditionnel sur la plateforme Cairn. L'agenda, zoom, appels à contributions, offres commerciales restent présents sur le site de la revue.

Progressivement, nous intégrerons nos anciennes parutions sur Persée, permettant ainsi au plus grand nombre d'accèder à l'ensemble de la production de la plus ancienne revue française de sciences sociales spécialisée sur les migrations.

Voici la sélection que nous avons opérée autour de problématiques utiles notamment aux acteurs de la politique de la ville, aux enseignants, chercheurs et étudiants...

1/ ARTICLES EN TEXTE INTÉGRAL ET EN ACCÈS LIBRE SUR REVUES.ORG (PARUS ENTRE 2010 ET 2011)

Michel Alessio, Olivier Baude et Jean Sibille (2010)

Modèles d’intégration et pratiques langagières

Usage du français, langues de France, langues de migrants, “langue des banlieues”, enseignement des langues, plurilinguisme… : les questions relatives aux pratiques linguistiques réelles sont nombreuses et soulèvent des débats qui agitent l’actualité. Pour pouvoir y répondre, il est nécessaire de connaître la situation de ces pratiques dans leur ensemble et de s’appuyer sur des données scientifiques.

Claire Autant-Dorier (2011)

Lutte contre les discriminations

Dans le champ de l’action sociale, les intervenants sont en prise directe avec les situations discriminatoires qui touchent les publics dont ils ont la charge. Or penser en termes de lutte contre les discriminations ne va pas d’emblée de soi. Les travailleurs sociaux sont réticents à les prendre en compte, estimant la réponse juridique trop restrictive. Pourtant, sur le terrain, ils restent conscients de la spécificité du traitement de ce type de problèmes. À un diagnostic complexe doivent correspondre des dispositifs adaptés à la fois aux territoires et aux populations discriminées.

Emmanuel Jovelin (2011)

Les jeunes issus de l’immigration confrontés à la discrimination

Les jeunes issus de l’immigration, dans leur difficulté à trouver du travail, font une expérience quotidienne et répétée des discriminations de classe sociale et d’origine ethnique. La société à laquelle ils appartiennent leur tend le miroir déformant de leur incapacité à s’insérer. Séduits par le mirage de l’égalité des chances, ils intègrent des humiliations en lieu et place d’un désir de reconnaissance qui reste sans écho. Les discriminations ne condamnent pourtant pas ces parcours à l’échec. Mais la réussite sociale se fait au prix de leur dépassement.

Marie Poinsot (2011)

Un réseau d’acteur contre les discriminations

Association agréée d’“éducation populaire”, Boulevard des Potes a été créé en 1991 à l’initiative de militants associatifs, de travailleurs sociaux et d’universitaires. Cette association a pour objet de promouvoir toute initiative qui revitalise le tissu social, de renforcer la solidarité et d’encourager les actions qui participent à la démocratie et à la lutte contre les discriminations. Ces engagements sont portés par des initiatives permanentes de sensibilisation de la jeunesse, de formation des acteurs professionnels, d’appui aux militants et acteurs associatifs, de permanences juridiques concernant le droit des étrangers, d’animation urbaine.

Elsa Lagier (2011)

Les usages ambivalents des catégories ethnicisées

Les discours convenus sur le multiculturalisme en France peinent à masquer les difficultés de sa mise en œuvre. Mobilisé de manière positive ou négative, l’accent mis sur les caractères ethniques est problématique. Les travailleurs sociaux, soumis aux sollicitations contradictoires des institutions et des populations locales, en font l’expérience quotidienne. Ils sont tour à tour soupçonnés de complicité ou de trahison vis-à-vis d’un système de prise en charge qui dissimule mal son objectif de pacification sociale.

Claude Ruche (2011)

Les acteurs de terrain en recherche de repères laïques

La deuxième partie du rapport du HCI sur “les défis de l’intégration à l’école” traite de “l’expression religieuse dans les espaces publics de la République”. Les douze recommandations qui y sont proposées portent sur la visibilité, la réglementation et l’enseignement de la laïcité, et, par voie de conséquence, conduit à une réaffirmation de son principe. Les fonctionnaires, les contractuels de l’État, les acteurs de terrain à la recherche de repères trouveront dans ce texte des éclairages sur le positionnement laïque.

Gérard Moreau (2011)

L’intégration des immigrés et l’école

Le rapport du HCI révèle, à l’encontre de nombreux préjugés, que l’intégration des immigrés en France fonctionne. La perception de l’immigration en tant que problème est le fruit de la méconnaissance de sa véritable temporalité. Si le respect des valeurs qui fondent l’identité d’une société peut être exigé d’un primo-arrivant, son intégration ne va se réaliser que sur un temps beaucoup plus long.

Jean-Louis Auduc (2011)

L’intégration à l’école respecte-t-elle la parité ?

La catégorie des “élèves en difficulté” mérite d’être considérée de façon nuancée. Si on s’applique à examiner les résultats scolaires des garçons et des filles issus de l’immigration de manière distincte, on note des différences singulières. Le ressentiment vécu par les premiers contraste avec le volontarisme des secondes. Le passage à la vie adulte dépend des repères que les élèves peuvent trouver à l’école. Les filles réussiraient mieux en s’identifiant à leurs enseignantes. En s’intéressant à la question du genre, le HCI révèle une problématique essentielle de l’intégration.

Dominique Schnapper (2011)

L’utopie démocratique de l’égalité

Tous les individus sont égaux en droit. Pourtant, dans les faits, cette égalité formelle est à géométrie variable et c’est l’un des écueils du processus d’intégration. Dans une société placée sous le signe de la diversité, l’égalité des chances n’est pas garantie pour tous et la discrimination positive n’est qu’une solution provisoire. Sa pérennisation questionne la capacité de la société française de respecter ses valeurs fondatrices.

2/ DOSSIERS ET ARTICLES EN ACCES LIBRE ET AU FORMAT PDF SUR LE SITE DE LA REVUE (PARUS OU PUBLIÉS ENTRE 2000 ET 2009)

Vie associative, action citoyenne (2001)

La République célèbre le centenaire de la loi de 1901, les étrangers jouissent du droit d’association et de “coalition” au même titre que les nationaux, et la vie associative sur le terrain témoigne de la vitalité de la démocratie directe. Mais la citoyenneté, c’est aussi le droit de vote. Si, dans leur majorité, la classe politique et l’opinion s’accordent désormais à penser qu’il n’est pas normal de fabriquer des citoyennetés à plusieurs vitesses, entre les Français, les Européens de l’Union et les autres étrangers, la République a du mal à franchir le pas...

Laïcité : Les 100 ans d'une idée neu0ve. Partie 1: À l'école (2005)

Hommes et Migrations de l'année 2005 se penche sur un thème qui fête ses cent ans d'âge: la loi de 1905 de séparation de l'Eglise et de l'État.

Laïcité : les 100 ans d’une idée neuve. Partie 2 : Culture(s), religion(s) et politique (2006)

Hommes et Migrations toujours dans sa contribution au Centenaire de la loi de 1905, déclarant la séparation des églises et de l’Etat, présente son second numéro consacré à la laïcité cette fois-ci dans l’espace public (autre que l’école), du côté de la culture, du politique et du religieux.

Mogniss Abdallah (2001)

La "déferlante" sécuritaire, un danger intériorisé

Dans un contexte marqué par le terrorisme international et, en France, par des actes de délinquance particulièrement violents, les dérives sont nombreuses, la suspicion envers l’islam accrue et la couverture médiatique de l’actualité des banlieues souvent à l’avenant. Et déjà certains politiques succombent aux charmes du chant sécuritaire qu’entonnent les sirènes de la vox populi.

Marie Poinsot (2001)

Les violences familiales sur les jeunes filles d’origine étrangère et de culture musulmane

Comment prévenir les situations de violence au sein des familles immigrées par le développement de stratégies de négociation interculturelle, c’est ce qu’un projet de recherche mené en parallèle par trois pays européens a essayé de déterminer. Les résultats présentés ici sont tirés de l’enquête* menée par l’Adri en Île-de-France, et mettent notamment en évidence le danger des lectures culturalistes dans les situations de crise.

Edwige Rude-Antoine (2001)

Du père, des pères en exil

En faisant le récit de leur vie, des jeunes issus de l’immigration maghrébine et africaine font apparaître toute la complexité de la relation au père en exil. Étant en rupture avec la société d’origine, nombre de ces pères sont dans l’impossibilité de léguer des références générationnelles pourtant essentielles. Perdant, avec l’émigration, leur position de pères de référence pour n’être que géniteurs, ils doivent réinterpréter leur fonction paternelle. Et bien souvent, l’absence de travail les prive de la légitimité de leur présence en tant qu’immigrés, tandis que l’intervention des institutions sociales les destitue de leur rôle.

Alain Battegay (2001)

Les cultures incertaines des jeunes issus de l’immigration maghrébine

Les cultures des enfants d’immigrés d’origine maghrébine ont suscité différentes approches sociologiques et anthropologiques depuis vingt ans. On a d’abord parlé d’une intégration achevée culturellement mais pas socialement. Les analyses ont ensuite été marquées par l’islam et la gestion politique de l’immigration. Plus récemment, elles se sont diversifiées, portant sur la participation à la culture parentale, sur la culture de la rue ou encore sur les expressions artistiques… Mises bout à bout, elles mettent en évidence des microcultures et des répertoires individuels composites. Ces jeunes échappent aux assignations identitaires, réinterprétant les codes, s’affirmant dans l’espace public. Ils s’inscrivent dans les processus globaux de complexification culturelle à l’œuvre.

Mogniss Abdallah (2002)

Les banlieues revisitées après le 11 septembre

L’identification des jeunes des banlieues – sous-entendu issus de l’immigration – à l’intifada palestinienne attise la curiosité des médias. Beaucoup craignent l’importation en France du conflit proche-oriental, mais depuis le 11 septembre, les pouvoirs publics se gardent de forcer le trait, pour éviter les amalgames entre délinquance, islam et terrorisme. Cependant, la recrudescence d’agressions visant des juifs amène leurs représentants à désigner les responsables : des jeunes Arabes de France.

Laurent Mucchielli (2003)

Délinquance et immigration : le sociologue face au sens commun

Les "jeunes issus de l’immigration" constituent-ils une population criminogène ? Les données statistiques de la police ne prenant pas en compte l’origine des personnes interpellées, mais leur seule nationalité, la réponse nécessite une interprétation sociologique. Une fois exclues les représentations fantaisistes décrivant des jeunes nés en France "déracinés", la délinquance des étrangers apparaît comme une délinquance de pauvres, et celle des jeunes issus de l’immigration comme l’expression de frustrations cristallisées dans un contexte bien précis de ghetto urbain.

Sabrina Kassa (2006)

La guerre civile dans les têtes

En novembre 2005, des milliers de voitures ont brulé, des services publics, écoles et transports collectifs, ont été pris pour cible par des jeunes émeutiers. Pour calmer ces violences urbaines, l’état d’urgence a été instauré et les politiques de contrôle et de sécurité se sont durcies. En réponse, le gouvernement vient d’adopter le projet de loi sur l’égalité des chances. Alors que les médias étrangers ont parlé de guerre civile, quel sens donner à ses émeutes? Comment réinstaurer une certaine paix sociale?

Olivier Noel (2006)

Le dévoilement d’une injustice ordinaire : discriminations, maltraitances et souffrances infligées à la jeunesse

Que ce soit en raison de la couleur de la peau, du nom ou du "look", les discriminations à l’emploi, les brimades au travail, les refus d’entrée en discothèque constituent des violences faites aux jeunes, trop souvent tues et occultées. Pourtant ces humiliations répétées risquent de les désangager de leur dynamique d’insertion. Une étude, "Discrimination: agir et réagir", la première du genre, à l’initiative du Fasild et de la mission locale de Rennes, leur permet enfin de s’exprimer et dessine d’interventions possibles.

Dominique Baillet (2011)

Les incivilités, en paroles et en actes

Chez les jeunes, la violence s'exprime d'abord de façon verbale : le langage constitue alors un refuge, il définit une communauté. Ces phénomènes linguistiques, liés à une situation sociale et économique particulière, ne sont l'apanage ni de notre époque, ni de nos banlieues, pas plus que les actes violents, individuels ou collectifs, qui parfois les redoublent. Ces violences concrètes constituent souvent l'affirmation défensive des jeunes face à la violence symbolique perpétrée par les institutions et face à celle, bien réelle, des formes de domination économique.

Samir Amghar (2003)

Rap et islam : quand le rapeur devient imam

Si la revendication sociale des cités a sa musique, c’est le rap. Et si le rap a un esprit, c’est l’hédonisme. Pourtant, cette musique est aussi traversée par un courant de spiritualité musulmane, marginal mais très visible. L’auteur décrit les interpénétrations entre rap et islam, et tente d’en démêler les racines. Il présente ses principaux chefs de file français.

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