Revue Hommes et migrations

Etrangers dans la Guerre. Quand une page se tourne, la patrimonialisation d'un engagement.

RDV du livre d'histoire de Blois, 11, 12 et 13 octobre 2013

"Reconnaître, se souvenir et transmettre".Quand les derniers survivants et les témoins des deux conflits mondiaux ont disparu, comment préserver et faire vivre leur mémoire ? Comment transmettre le sens de leur combat pour éclairer les enjeux du temps présents ?Deux autres tables-rondes seront proposées par le Musée de l'histoire de l'immigration : "La bande dessinée, support pédagogique" et "Histoire et mémoires plurielles de la guerre d’Algérie"

Vendredi de 14h30 à 16h à l’Ecole nationale ingénieur du Val de Loire
Etrangers dans la Guerre.

Avec le décès de Lazare Ponticelli, le dernier Poilu français, le 12 mars 2008, s’achève l’histoire des combattants de la Grande Guerre. Quelques années plus tôt, à la veille d’une cérémonie pour la remise de la Légion d’honneur qui lui était destinée, disparaît le 10 novembre 1998, à l’âge de 104 ans, Abdoulaye N’Diaye, le dernier tirailleur sénégalais de la Première Guerre mondiale, puis en 2002 à La Rochelle, à l’âge de 105 ans, le dernier survivant des travailleurs chinois recrutés pour l’effort de guerre. Tous avaient en commun, au-delà d’une exceptionnelle longévité, d’avoir sacrifié leur jeunesse pour défendre la nation française et la liberté alors qu’ils n’étaient pas citoyens français mais des immigrés, des sujets de l’empire colonial ou des étrangers mobilisés par les Alliés pour la circonstance. Ces trois figures emblématiques d’un engagement que la France a longtemps tardé à reconnaître se sont éteintes.

" Reconnaître, se souvenir et transmettre ", telle était la devise inscrite sur la gravure dessinée par Yann Arthus-Bertrand qui accompagnait la plaque commémorative offerte à Lazare Ponticelli par le secrétariat d’Etat aux Anciens combattants. Quand les derniers survivants et les témoins ont disparu, comment passer le relais aux jeunes générations ? Comment préserver et faire vivre les mémoires des combattants quand ceux qui les ont bâties ne sont plus présents parmi nous ? Comment transmettre le sens de leur combat pour éclairer les enjeux du temps présent ?

Une page de l’histoire nationale est définitivement tournée, comme se tourne également celle des soldats ou des résistants étrangers de la Seconde Guerre mondiale, tels que Boris Holban ou Adam Rayski qui aujourd’hui disparaissent à leur tour ?

La Cité nationale de l’histoire de l’immigration avait fêté les 110 ans de Lazare Ponticelli, le 7 décembre 2007. Le dernier Poilu était aussi un immigré italien, venu en France rejoindre sa mère à l’âge de 9 ans et naturalisé en 1939 à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Diversité des origines, multiplicité des relations avec la France, pluralité des interventions, mais un même engagement : longtemps occultée, la participation des étrangers (coloniaux, immigrés, exilés etc.) aux conflits militaires et aux actions de Résistance a ressurgi progressivement dans la mémoire collective grâce aux efforts incessants d'associations d'anciens combattants pour faire reconnaître cet engagement et le commémorer. La publication de témoignages et de travaux historiques de plus en plus nombreux permet de mieux connaître ces épisodes de notre histoire.

Ce débat présentera trois démarches complémentaires autour de la question de l’engagement des étrangers dans les deux conflits mondiaux : "Reconnaître, se souvenir et transmettre", avec Philippe Hanus, historien, Hélène du Mazaubrun, anthropologue, Marie Lazaridis, enseignante, spécialisée sur la scolarisation des enfants de migrants et issus des minorités, et Marie Poinsot, rédactrice en chef Hommes & Migrations.

Vendredi 11 octobre, de 17h 30 à 19h, en salle 23 à l'IUFM
"La bande dessinée, support pédagogique"

La bande dessinée est largement entrée dans les pratiques pédagogiques. Cependant, malgré les instructions officielles, les productions d’outils pédagogiques pour enseigner l’image et malgré sa forte présence dans les manuels scolaires, la bande dessinée n’est pas toujours enseignée pour elle-même. Elle représente néanmoins un support pédagogique particulièrement riche et pertinent. C’est ce que nous nous proposons d’aborder dans cette table ronde en nous penchant plus particulièrement sur les deux guerres mondiales ou l’histoire de l’immigration dans la bande dessinée.

Table ronde animée par Peggy Derder, responsable du département Éducation de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration avec les intervenants suivants (sous réserve) :

- Vincent Marie est professeur d’Histoire géographie et membre de l’équipe de recherche "Enseigner autrement". Vincent Marie a été commissaires des expositions "Tardi" et "Mobilisation générale, 14-18 dans la BD" à l’Historial de Péronne en 2009. Il est co-commissaire de l’exposition « Albums. Un siècle d’immigration dans la bande dessinée 1913-2013 » présentée à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration du 16 octobre 2013 au 27 avril 2014.

- Kkrist Mirror est auteur de bandes dessinées. Il a plus particulièrement travaillé sur les Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale. Parmi ses nombreux ouvrages, il a publié "Tsiganes. 1940-1945 le camp de concentration de Montreuil-Bellay" (Emmanuel Proust éditions, 2008) et a participé à l’album collectif "Immigrants", (coéd. Futuropolis/BD Boum, 2010).

- Guillaume Duez est enseignant de Lettres et formateur à l'Espé de l'Université de Paris-Est Créteil. Il a mené plusieurs travaux sur la bande dessinée et l'enseignement.

Samedi 12 octobre, de 11h30 à 13h, en salle informatique 1 au Lycée Dessaignes
Le site Mémoires algériennes, Histoire et mémoires plurielles de la guerre d’Algérie

Le site www.memoires-algeriennes.com. Histoire et mémoires plurielles de la guerre d’Algérie rend accessible les travaux menés par les chercheurs et donne la parole aux acteurs de tous côtés. En collaborant avec de nombreux partenaires et institutions culturelles comme la BDIC ou l’INA, le site conçu par Pangée Network en partenariat avec la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, se veut un portail documentaire recensant de nombreuses ressources : photographies, œuvres d’art, coupures de presse, ressources audiovisuelles, documents sonores, archives, bibliographies, filmographies, biographies, synthèses historiques, articles scientifiques, outils pédagogiques… Pour un dialogue des mémoires. Pour une histoire critique et partagée de la guerre d’indépendance algérienne :

- Naïma Yahi est historienne, auteure d’une thèse d’histoire culturelle portant sur les artistes algériens en France. Elle est directrice de Pangée Network et a conçu le site Mémoires algériennes.

- Valérie Morin est Docteur en Histoire. Elle est l’auteure de "Les rapatriés d’Afrique du nord de 1956 à nos jours" (éditions L’Harmattan, 2007). Enseignante d’Histoire Géographie à Paris, elle est également professeur-relais à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration.

Programme complet de la nouvelle édition des Rendez-vous de l'Histoire ICI

Ressources : Soldats de France, dossier parur en 2008 (articles en libre accès !)

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