Revue Hommes et migrations

Empires et migrations coloniales et postcoloniales

Rencontre-débat, Les RVH, Blois, Samedi 10 octobre, 16h15

Table des matières

Ce débat propose de poser les jalons d’une histoire comparée de Paris et de Londres face aux migrations coloniales puis postcoloniales.

La France et la Grande Bretagne ont conquis des empires dont les temporalités et les modalités ont été différentes. Ces deux puissances coloniales européennes ont provoqué des migrations vers les métropoles dès la fin du XIXe siècle. Les profils de ces premiers migrants sont très variés, mais on retrouve des étudiants venus se former dans la métropole, des artistes et des intellectuels qui vont participer aux bouillonnements de Paris et de Londres, des commerçants et entrepreneurs venus développer leurs activités au cœur du pouvoir économique impérial. Lors des deux conflits mondiaux, ces empires ont mobilisé massivement des soldats et travailleurs coloniaux pour l’effort de guerre sur les champs de bataille sur le front français et dans les usines à l’arrière. Avec les bouleversements liés à la décolonisation, ils vont connaître de manière presque paradoxale d’importantes migrations des anciennes populations colonisées vers leurs capitales. Cette nouvelle vague de migrations va fournir en effet des travailleurs pour le développement des infrastructures, pour les industries et dans les services publics qui sont confrontés à de graves pénuries de main d’œuvre pendant les trente glorieuses. Cette conjoncture commune de décolonisation et de recours à une main d’œuvre anciennement coloniale va prendre des tournures différentes dans les relations qui vont s’installer entre ces populations immigrées et les sociétés française et britannique. Ces migrations postcoloniales s’inscrivent en France et en Grande-Bretagne dans un contexte de luttes nationalistes et d’indépendance. Paris va percevoir cette immigration d’origine maghrébine et subsaharienne comme un appoint économique transitoire qu’elle marginalise à la périphérie urbaine, mais aussi socialement et culturellement. Londres accueille des migrants venus des Caraïbes et du sous-continent indien vont se constituer en communautés culturelles soudées politiquement grâce aux droits politiques mais dans un contexte racialisant leur présence sur le territoire.

Quelles sont les conditions d’accueil, de logement et de vie quotidienne de ces migrants  dans les deux capitales ? Dans quels secteurs vont-ils s’insérer sur le marché du travail et quelles seront leurs opportunités de promotion ? Comment les familles vont-elles pouvoir s’installer également et bénéficier de droits sociaux ? Ces migrations issues de la colonisation sont-elles toujours perçues comme un enrichissement ? La décolonisation marque-t-elle une rupture radicale dans les représentations sociales que les deux sociétés françaises et britanniques vont avoir de ces migrants ? Peut-on comparer les formes de rejet et de racisme qui prennent pour cible ces populations ?

Pour répondre à ces premières questions, la revue Hommes et Migrations propose d’animer un débat avec les protagonistes d’un projet d’exposition qui se tiendra au Musée national de l’histoire de l’immigration (MNHI), Benjamin Stora, historien, professeur à l'université Paris-XIII et inspecteur général de l'Éducation nationale et président du MNHI, spécialiste de l’histoire de l’immigration en France Martin Evans, historien et professeur d’histoire européenne moderne de l’université de Sussex, spécialiste des Empires, Marie Poinsot, responsable des Editions du MNHI et rédactrice en chef de la revue.

Informations pratiques

Samedi 10 octobre, 16h15 - 17h45 Université, Amphi 3

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